Le métier d’apothicaire

Propriétaire des ChosesJ’avais indiqué dans un précédent post que l’apothicaire était artisan, marchand et assistant du médecin.

L’élaboration des médicaments était son activité principale.
L’apothicaire pouvait fabriquer les médicaments à la demande du médecin, ou les préparer en avance pour se constituer un stock.
Pour cela, il travaillait à partir des conseils du médecin et de l’ordonnance dans laquelle il trouvait les ingrédients à utiliser, et leurs quantités. Cette ordonnance, généralement écrite en latin (en tout cas jusqu’à la fin du Moyen-Age), ne détaillait pas les étapes de la préparation des médicaments.
Si certaines recettes étaient assez simples à suivre, d’autres ne l’étaient absolument pas et pouvaient demander plusieurs jours de préparation. L’apothicaire s’appuyait sur un savoir acquis durant un apprentissage de plusieurs années, et sur divers traités de médecine ou de pharmacie (l’Antidotaire Nicolas, les Opera de Mesué, les pharmacopées officielles à partir du XVIe siècle…) d’auteurs antiques (greco-latins : Galien, Hippocrate…), médiévaux (arabes ou européens ; Rhazès, Arnaud de Villeneuve…) et modernes (Jacques Dubois, Nicolas Leméry…) dans lesquels il piochait les indications qui lui manquaient.
La plupart des opérations demandaient un grand savoir-faire (choix des ingrédients principaux, lavage, cuisson, infusion, distillation, etc.). Les indications de quantité devaient être scrupuleusement suivies sous peine d’altérer les propriétés du médicament (et risquer d’empoisonner un malheureux patient).

L’apothicaire remettait au médecin ou au patient le produit final. Il n’était généralement pas immédiatement payé (d’où la précarité du métier).

Tous les médicaments ne demandaient pas prescription du médecin, et les clients pouvaient acheter sachets d’herbes, poudres et cosmétiques directement auprès de l’apothicaire. Celui-ci complétait ses revenus en vendant épices, alcools, vins et liqueurs (hypocras, hydromel), cire, bougies, encre, papier, viandes séchées, sel… la plupart de ces produits pouvaient être employés dans la fabrication des médicaments. L’apothicaire ne vendait donc rien au hasard.

Image: Examen d’urine (image issue de la BnF)

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