Les livres de pharmacie : de l’Antiquité au XVIe siècle

Jusqu’au XVIIIe siècle, l’apothicaire ne bénéficiait pas d’une formation universitaire. Son savoir venait d’un apprentissage de plusieurs années, plus ou moins long selon les périodes et les régions, éventuellement suivi de quelques années de compagnonnage. Si l’apothicaire souhait obtenir le statut de « maître-apothicaire », il avait la possibilité de passer un examen final pour lequel il réalisait un chef-d’œuvre (cela pouvait être la réalisation de médicaments difficiles à élaborer).

La formation de l’apothicaire était donc avant tout pratique. Il pouvait enrichir sa science et compléter ses connaissances en consultant des livres dans lesquels il trouvait des recettes aux formules plus ou moins élaborées, des conseils sur le choix des simples, leur préparation, les instruments à utiliser, etc. D’autres types de traités intéressaient les apothicaires : livres des simples, ouvrages sur certaines préparations (thériaques…), certains procédés (distillation…), etc.

Certains de ces ouvrages offraient même des recommandations sur des domaines relevant de la vie privée (les jeux, l’argent, l’alcool, l’amour et la famille…).

Les antidotaires médiévaux sont généralement les œuvres d’ecclésiastiques : la Physica de Rabanus (776-856), le Liber simplicis medicinae d’Hildegarde de Bingen (1098-1179)…

L’Antidotaire Nicolas était l’un des ouvrages que l’on retrouvait le plus souvent chez les apothicaires. Sous ce nom ont longtemps été confondues plusieurs œuvres d’auteurs différents : l’antidotaire de Nicolas de Salerne (XIIe siècle), celui de Nicolas Myrepsos d’Alexandrie (XIIIe siècle), et plus tard, celui de Nicolas Prévost (ou Prévôt) (XVIe siècle).

En plus de leurs propres œuvres, les grands médecins arabes tels qu’Avicenne (980-1037 ap. J.-C., auteur du Canon), Mesué (776-855 ap. J.-C.) et Rhazès (865-925 ap. J.-C., Aqrabadin al-kabir), traduisirent de nombreux traités médicaux gréco-latins (Galien, Hippocrate et le Corpus hippocraticum…). Ces traductions furent elles-mêmes transmises en latin par les érudits occidentaux (dans le cadre de grands projets de traductions, auxquels l’école de Tolède participe activement dès le XIIe siècle).

Beaucoup de ces auteurs étaient des médecins, dont l’objectif était la lutte contre l’ignorance réelle ou supposée des apothicaires. Les premiers apothicaires à écrire sur leur art sont Paulus Suardus (et son Thesaurus aromatariorum, 1496), Petrus Benedictus Matheus (Examen apothecariorum, 1521), Thibault Lespleigney (Dispensarium medicinarum, 1538), Michel Dusseau (Enchirid ou Manipul des miropoles, 1561) et Nicolas Houel (Pharmaceutices, 1571).

Les œuvres  médicales et pharmaceutiques connurent un grand essor à partir de la fin du XVe siècle, avec l’invention de l’imprimerie, et la prise de Constantinople (beaucoup de savants grecs fuirent la cité pour se réfugier en Italie). Certaines théories (la doctrine galénique, par exemple) sont remises en question, alors que de nouveaux mouvements (avec l’alchimie) viennent enrichir la pharmacologie.

A suivre…

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