Les instruments de travail de l’apothicaire

Alambic du XIXe, cuivre et laiton. E. Adnet constructeur, Paris. Image tirée du site de la Société d’Histoire de la Pharmacie.

Pour élaborer les médicaments, l’apothicaire se servait d’une grande variété d’objets.

 Le mortier et le pilon (déjà utilisés dans l’Antiquité) sont les instruments de base de l’apothicaire, représentatifs de la profession (on les retrouvait notamment sur les enseignes qui signalaient la présence de la boutique). Ils servaient à broyer les substances, pour les réduire en morceaux plus ou moins grossiers, mais aussi à opérer des mélanges. Leur taille et le matériau qui les composaient variaient. Certains étaient petits, d’autres de taille moyenne, ou plus grosses : quelques uns pouvaient peser plusieurs dizaines de kilos.

Le mortier était généralement en métal (plomb, fer…), en pierre, en terre cuite voire en bois. Le pilon pouvait être en fer ou en bois, et devait être adapté à la dureté de la substance à broyer et à la matière du mortier. Un pilon de fer utilisé sur un mortier en pierre risquait d’abîmer ce dernier et d’engendrer des éclats, qui risquaient alors de se mélanger à la préparation : on préférait utiliser un pilon de bois.

 Une table de marbre, de pierre dure… servait de support pour la préparation des médicaments simples et composés

 L’utilisation de tamis (un cercle métallique ou en bois, entre lequel étaient tendues une ou plusieurs toiles – en crins de chevaux, en lin… percées de trous de différentes tailles) permettait de séparer les matières selon leur grosseur. Certains étaient adaptés pour les épices, d’autres pour les poudres, les graines…

 Les opérations de cuisson, d’infusion, de décoction… se faisaient au moyen d’instruments de cuisine plus courants : poêles, chaudrons à fonds ronds ou plats, bassines, en étain, laiton, cuivre, spatules et cuillères en fer, en airain, etc.

 La distillation existait depuis l’Antiquité. Les Arabes ont repris le procédé, l’ont perfectionné et ont enrichi le vocabulaire de mots (comme celui d’ « alambic ») en lien avec cette technique. Elle permet d’extraire le liquide, eau ou huile, d’une substance et nécessite un matériel particulier (qui s’est enrichi au fil des âges).

Généralement, un cucurbite (grand récipient sphérique, en cuivre, étain…), posé sur un réchaud (ou un foyer) contient la matière à distiller. Sous l’action de la chaleur, la vapeur montait dans un chapiteau et s’y condensait, avant de s’écouler vers le réceptacle, qui pouvait prendre la forme d’une bassine. On distingue plusieurs procédés de distillation, dont celui per ascensum (c’est le procédé décrit plus haut), per filtrum (par filtration, avec emploi d’un tissu par exemple), et un autre per descensum (distillation du haut vers le bas).

Publicités
Cet article, publié dans Matériel pharmaceutique, est tagué , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s